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2003
NOTE AU LECTEUR : Ce texte s’appuie sur les quatre discours (maître, science, hystérique et analyste) et du nouage borroméen du Réel, du Symbolique et de l’Imaginaire tel qu’articulé en théorie psychanalytique par Jacques Lacan. Une connaissance préalable de ces concepts est au bénéfice au lecteur.
[extrait] "C’est dans la répétition que Libeskind construit son savoir qui peut ou non nous être accessible et nous toucher. L’artiste, c’est celui qui nous parle dans ce qu’il fait. Ceci a très peu à voir avec la fonction d’un bâtiment. La fonction et l’usage gèrent le symbolique et non l’imaginaire. L’architecture, comme processus de sublimation, demeure un art en deçà du symbolique et de la théorie. Pour saisir le sens d’une œuvre, on ne peut se fier qu’aux associations libres et spontanées qui se présentent à nous. Le savoir se construit des résidus et des fragments signifiants qui se rassemblent d’une manière inattendue mais toujours structurée. C’est cette structure qui doit être géométrique pour devenir architecturale. C’est dans l’évocation imaginaire où l’architecture se tient. Plus fondamentalement, c’est dans la permanence de la trace psychique qu’un bâtiment existe et subsiste. C’est par déplacement métonymique que l’inconscient se manifeste et cause la production d’un objet, objet qu’on dit artistique puisque efficace et reconnu, et dont l’architecture est une des voies pour sa transmission sociale et culturelle.
Libeskind peut concevoir une maternelle, un musée ou le World Trade Center à New York et toujours répondre, moyennant quelques adaptations, à partir du même registre. Ce symptôme sera toujours voilé par la théorie qu’il formule comme cause du projet et refoulement du sujet. C’est pour cela qu’il ne faut jamais écouter les architectes mais aller voir ce qu’ils font."
